jeudi 3 avril 2014

ETRE OU NE PAS ETRE...L'ETRE ET LE NEANT

Enfuie l'Inspiration ?
Dans ce monde de scission :
L'Etre et le Néant,
L'Artiste et son Pendant,
Las et désespérant,
Démiurge et désirant...

Prendre sa Plume ou son Pinceau,
Pour une Partition à la Wagner,
S'incarner en Delacroix, Rude, Hugo,
Michel-Ange ou Baudelaire...

Etre, de même, marqué au Rouge Fer,
Aimé et haï des Cieux,
Elu et blessé, souvenir de l'Enfer ;
Se croire Grand, Démiurge heureux,
Puis soupeser ses chaînes et traîner ses lourds boulets,
De Solitude, et de la terrible sentence : « Aux Arrêts ! »...

Refaire le Monde, avec Elan,
Le lancer comme un insouciant Ballon,
Feu d'Artifice, Mongolfière, Papillon étonnant...
Sans avoir besoin qu'il « tourne rond ! »,
Parfois si Laid, parfois si Beau ;
Si Intelligent, Admirable, ou sot !

La Brume invisible de l'Extase Sait
Nous envelopper et nous ensorceler, de ses rêts... 
L'énigmatique Transport se passe ailleurs ;
Le Rêveur se sent libre, en deçà de toute aigreur …

« O Temps Suspend ton vol ! » ?
O Raison, abandonne ce qui te désole
O Amour, embrasse l'horizon,
Descends en nos Tréfonds,
Sublime l'Idéal et la Colère
De notre Liberté d'haïr Lucifer,
De notre Désir de Passion et de Lumière !

Fait nous atteindre le Mont Olympe, au fier Jupiter,
Imagine Rome L'Antique, enfantée par Romus et Romulus,
Les Esprits de la Forêt, évanescents par Mystère,
Poséïdon, domptant de furieuses vagues, éclairé par Horus...

Extravagant est l'Artiste, Sauvage ou Fou,
Timoré dans son antre aux yeux doux...
Cependant, sa baguette de Magicien l'honore,
En-dehors des conventions, des lois et de la morsure de l'or,
Il EST et enfante, défouloir de l'Humanité,
Visionnaire et réceptacle de l'Etrangeté...




NOELLE ARNOULT
DIJON 15 H
Crous Montmuzard
Le Mercredi 16 Janvier 2014



Fascinants Flots sous-marins :


LA SIRENE


Gare au Navigateur égaré,
La Sirène a tout pouvoir sur la Mer,
Car Poséïdon, son Amant, lui a commandé
De charmer et d'ensorceler l'Homme fier...

Ce dernier pense lui échapper ; hélas, de ses appâts,
Elle joue, ainsi que sur Terre, toute femme ;
Cependant, sur les flots, son pouvoir va bien au-delà...
Sa chevelure étrange l'enveloppe de flammes !

Son regard moiré, étrangement absent, reflétant les embruns,
S'avère transparent, couleur d'algues et de limons verdâtres,
N'apparaît presque jamais, son visage émacié et sybillin
Surgissant juste, lors du ressac mugissant, avec ses bras d'albâtre …

Mais, bien plus que toute Eve, usant de ses charmes,
Son cri transperçant et cristallin,
Son chant de guerre et de victoire, tel une alarme,
Paralyse le cerveau le plus prévenu et le plus malin...

Digne fille de Calliope et de Terpsichore,
Elles entonnent des Prophéties dignes du Royaume d'Hadès ;
Ulysse, vrai héros, a su seul résister, très fort !
A Leucosie, blanche créature, et Aglaopé, environnée de tresses....

Sans qu'on l'ait dévisagée, elle assaille de sa Possession,
Enveloppe de troublant malaise et réduit à merci,
Ainsi qu'une arachnide fait de sa toile une vraie Prison,
Enchantement définitif et morbide, Sort Maudit...

Poséïdon qui l'attend allongé dans les bas-fonds comme un Pacha,
Vautré sur sa couche de diamants, aux volutes d'or et d'argent,ciselées
Rutilante de milliers de bijoux et de pièces ornementées,
S'amuse à compter les osselets de marins passés de vie à trépas...

Environné de Femmes-Poissons, Le Roi des Mers, Père et Amant,
Somnole, tout à la magie des sourdes et incantatoires mélopées,
Que les Princesses-Sorcières, ricanantes, vont remonter avec allant,
Comme de terribles Filets éternels, dressés à l'encontre des Egarés....



NOELLE ARNOULT
Jeudi 21 Février 2013
12 h



Voici un PETIT POEME évoquant la DERNIERE GUERRE,  PANACHE des CHANSONS de cette époque, l'Amour au coeur de La Dernière Danse...
Noelle Arnoult



DERNIERE DANSE...

Je pleure dans tes bras,
Entamant cette ultime danse,
Envahie par une sorte de transe,
Tant, à présent, mon cœur s'avère las...

L'Ennemi veut m'arracher à tes doux bras,
Te jeter hors du tendre Foyer,
Sous les tonnerres des bombardiers
Et les cris des sombres rats !

« Dédé de Montmartre », clament tes bras,
Serine que « La valse on la fait à deux »,
Et « Les yeux dans les yeux » !
… Mais il est trop tard et tu t'enfuis là-bàs...

… Prends-moi dans tes forts bras,
« Nous avons dansé sur les roses »,
Cueilli l'amour, c'est si peu de choses,
«Sur les roses de ce temps-là »...

Joséphine Baker, de ses « deux Amours »,
« Au lointain aperçoit »
« Un Paquebot qui s'en va » ;
Et, pour moi, le compte à rebours...

Valse « La Java Bleue », au rythme de nos amours,
Mon cœur tressaute comme un écureuil fou,
Ton cou sent bon, chaud et doux,
« Quand nos corps se confondent » pour toujours...

Etourdie, suis-je, et submergée par l'amour,
Mon Homme, « J'lai tellement dans la peau »,
« J'en deviens marteau »,
Chante Mistinguett et ses beaux atours....

Je défaille, évoquant les prémices de l'amour,
« Sur cette Terre, ma seule Joie »
« Mon seul Amour », c'est Toi,
Sentant se creuser l'Ecume des Jours...

Quand nous nous promenions « Au bord de l'Eau »,
Cueillant « Le Temps des Cerises », nouveaux Amants,
Tout en buvant « Le Petit Vin Blanc »,
Clin d'oeil à Renoir se passant de mots...

En désert se transforme cette belle Eau,
Adieu Bords de Marne, en résonne encore la Bataille...
Tout est devenu laid, sous la main aveugle, de Braille,
En réminiscences, tristes et sordides échos...

Le « Plaisir d'Amour », d'Yvonne Printemps
« Ne dure qu'un Moment », sous la Mitraille,
« Chagrin d'amour » nous saisit aux entrailles,
En sonne le Glas, c'est imminent …

Sur mes plateformes compensées, j'aimais à t 'embrasser,
La dentelle folle de mon corsage tressaillait ;
Cependant, s'est engouffré l'Hiver, Hitler et ses filets,
Pétain et les collabos, la France occupée...

Tu étreins ma taille fine, à la Balanciaga ;
Réchappé de la Bataille des Alpes, en Quarante,
Les Vosges et la Montagne conquérantes,
M'apparaissent monstrueuses, au Vent Ingrat...

… J'ai envie d'ôter tous nos « Frous-Frous »,
Mes « Petits Tétons », à la Valentine, deviennent éteints,
Demeure mon ventre, définitivement d'Airain :
La Camarde nous fera payer cher nos jours fous...

… Non ! Je refuse que l'on me prévienne
Par un télégramme ou un Officier de l'Armée,
Que la Mort t'a pris, t'a aimé ;
Tu m'appartiens et PAS A ELLE, la Chienne !

Dis-moi que nous fredonnerons encore « La Romance de Paris »,
Si bien que tu sentiras « Le sable chaud » du « Légionnaire » ;
J'imaginerai l'Exotisme et le Grand, Sublime désert,
En te serrant dans mes amoureux bras, Petit Chéri....

« Chéri, sous mon étreinte, je veux te serrer plus fort »,
Afin que tu ne disparaisses pas dans les sables mouvants
Des assourdissants bruits de combats cruels et ignorants,
Et, toujours, « Mieux garder la chaleur de ton corps »...

NOELLE ARNOULT
Dimanche 19 Janvier 2014
Minuit – 1 h, 
Châtillon sur Seine 21 400 


mercredi 2 avril 2014

ANGES DE LA FONTAINE

Les Anges de cette Fontaine
Ont le regard tourné loin de la Haine ;
Leurs frêles mains sont tendues
Et promptes à recevoir, de l'eau, tout résidu...

Chaque parcelle ou goutte d'eau
Leur est précieuse comme vivifiant ruisseau ;
Leurs frêles mains sont tendues
Comme pour oindre et consoler l'être déçu...

Leur regard angélique, joli cadeau,
Eclaire le Monde, comme Diamant, si beau...
Pour nous sauver, un ultime radeau,
Les âmes en perdition et l'Effroi en drapeau...

Et l'Ange pleure aux souffrances de Job,
Il est pur et ne craint pas l’opprobre...

L'eau ruisselle en ses cheveux vermicelle,
Ses larmes ont un goût de sel ;
Il aime et pleure de tout son sang,
Purifie en l'Onde son cœur souffrant...

Gardiens de cette Précieuse Fontaine
Éclairent notre laborieuse existence ;
En leurs frêles mains sans manigance
Scintille l'Etoile du Jasmin, Jardin d'Eden...

NOELLE ARNOULT
27 Février 2014
00 h 20
Châtillon Sur Seine
Merveilleuse Pièce de Hugo, passée cette semaine à Châtillon -Sur -Seine, 21400, de Patrick Pineau : excellents décor et comédiens, "Hernani" ; rappelle la bataille inextricable des Romantiques contre la vieille garde et le tumulte autour de cette pièce, visant à vouloir en interdire la représentation...

Victor Hugo à la tête de l'armée romantique. Le Grand chemin de la postérité, caricature de Benjamin Roubaud (1842)

Le recrutement de la claque romantique s'effectua dans les ateliers de peinture et de sculpture, auprès de leurs étudiants, auxquels s'associèrent de jeunes littérateurs et musiciens. Ce sont eux qui, avec leurs costumes excentriques, leurs chevelures hirsutes et leurs plaisanteries macabres, feraient sensation au milieu du public policé du Théâtre-Français.

 Du sein de cette nouvelle génération qui composa « l'armée romantique » lors des représentations d'Hernani, émergeraient les noms de Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Hector Berlioz, Petrus Borel, etc. Tous ceux-là étaient favorables à Hugo, soit pour avoir adhéré aux thèses de la préface de Cromwell, soit parce qu'il s'agissait d'un auteur qui était en butte à la censure du gouvernement. La dimension générationnelle se superposait d'ailleurs à cette dimension politique : de jeunes révolutionnaires s'opposaient à un gouvernement gérontocratique composé d'anciens émigrés revenus d'exil « sans avoir rien appris ni rien oublié » comme le disait un mot de l'époque, qui voulait la perte d'une pièce dans laquelle c'était justement un vieillard qui condamnait à mort de jeunes époux.
Ce groupe de plusieurs centaines de personnes fut plus tard nommé par Théophile Gautier « l'armée romantique », dans une référence explicite à l'épopée napoléonienne :
« Dans l'armée romantique comme dans l'armée d'Italie tout le monde était jeune.
Les soldats pour la plupart n'avaient pas atteint leur majorité, et le plus vieux de la bande était le général en chef, âgé de vingt-huit ans. C'était l'âge de Bonaparte et de Victor Hugo à cette date."
Voici un poème sur ce thème et ce mot que j'aime particulièrement, "Mélancolie", qui mêle à la fois Histoire, Antiquité, Arts, Littérature, Médecine ; et aspiration vers l'Idéal et le Bonheur, Temps qui passe, Espoirs et Désespoirs, Marasme de l'âme... Un terme fascinant !


MELANCOLIE

Mélancholia, Humeur d'Hippocrate ;
Bile noire, « Mélancolos » pour Sophocle,
Atteignait l'humble quidam ou l'aristocrate,
Aussi bien le Borgne que le Monocle...

Héraclès trempa ses flèches dans le sang de l'Hydre de Lernes,
Sort puissant contaminant touts les morals en berne...
Une toxicité mortelle 
Atteignant tous les mortels...

La Mélancolie atteint les Génies
Je ne dis pas que j'en suis !
La Mélancolie atteint tout être pensant,
Souhaitant l'Extase et le Bonheur !
Souhaitant Espérer sans rancoeur,
Cependant réalisant que l'Existence lui ment,
Tant elle s'acharne à détruire les belles heures...

Mélankholia a le regret du Passé ;
L'Acédia s'use aux épines du Présent ;
Le Spleen embrasse un Futur, avant que d'être, ruiné !
Le Génie et la Folie écrivent un Roman...

Augurer de l'Existence rend lucide et désespéré :
Nous pouvons croire encor et encor en sa joliesse
Néanmoins combien s'avère loin le Firmament étoilé de paresse
Et peut-être jamais atteignable, Enchanteresse Cythère...

Demeure cette tristesse littéraire et tutélaire,
Qui fit son nid en nous depuis d'Antiques Temps...
Passagère, quelquefois, comme nuages de misère,
Nous permettant d'accéder ensuite à l'Azur éclatant

Dans le vocabulaire Courtois, pouvant confiner à la perte de raison,
Ainsi que pour le Romantisme,
Ainsi que pour sa soif d'Idéalisme,
Conjuguant batailles de Chimères échevelées et terrifiants Dragons,
Avec désenchantement et dégoût du sinistre monde,
Ténèbres et glaciations, avant-goût de la Tombe !
Embarquant avec elle tous les pauvres Jocrisses...

En médecine, devenue tare physique et émolliente,
Paresse, Inertie et Rêveries érotiques, que Dürer hante !
Mélancolie brûle pourtant en lettres de noblesse,
Pour Musset, Chateaubriand ou Baudelaire,
Une Maladie du Siècle infinimentTraîtresse,
Possédant le goût de l'absinthe, aussi amère
Et s'échappant en aigres fumées délétères !...

Poursuivant ses proies jusque chez Sartre ou Sagan ;
Kant, illustre Prisonnier de cet aspect subliminal :
Extatique, Extralucide, nous jetant de la cime dans l'abîme,
Et nous projetant allègrement de l'abîme dans la cime !

La Mélancolie atteint Jésus au Mont des Oliviers !...
Le terrible Spleen atteindrait-il le Dieu de l'Univers,
Lorsque, contemplant son Oeuvre et son provisoire Usager,
Il comprend que le Créé rejette toujours l'ascendance du Père !

… Néanmoins, n'est-ce pas Vivre ! N'est-ce pas Ressentir,
En-dehors de toute névrose, l'Acuité et le Désir
De notre âme éperdue, fuyant sa Gangue,
Réfléchissant et méditant, jusqu'à en devenir exangue !...

« SOIS SAGE, O MA DOULEUR ! »

Radeau de mon âme mortifiée,
Erre dans les couloirs ténébreux,
Là où j'enchanterai tes espoirs blessés,
Resplendira le Soleil d'un Au-Delà vertueux !...

L'Orchidée violette, spirituelle et chanelle,
Ehale ses méditations obsolètes,
Son parfum âcre et entêtant, de maquerelle,
Pénètre en notre inconscient qui s'y reflète ;
Lambeaux de ténèbres et de joies
Clairière promise ou Chagrin Roi,
Subtile offense à notre pensée distraite...

Mélancolia cherche dans le noir
Diluée en sa débile bile,
Pourtant tâtonne la prescience de l'Espoir
Notre être aux abois se bâtissant une secrète Ile...

NOELLE ARNOULT
Mercredi 2 Avril 2014
1 h 30 du matin, Châtillon S/ Seine
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