mercredi 2 avril 2014

Merveilleuse Pièce de Hugo, passée cette semaine à Châtillon -Sur -Seine, 21400, de Patrick Pineau : excellents décor et comédiens, "Hernani" ; rappelle la bataille inextricable des Romantiques contre la vieille garde et le tumulte autour de cette pièce, visant à vouloir en interdire la représentation...

Victor Hugo à la tête de l'armée romantique. Le Grand chemin de la postérité, caricature de Benjamin Roubaud (1842)

Le recrutement de la claque romantique s'effectua dans les ateliers de peinture et de sculpture, auprès de leurs étudiants, auxquels s'associèrent de jeunes littérateurs et musiciens. Ce sont eux qui, avec leurs costumes excentriques, leurs chevelures hirsutes et leurs plaisanteries macabres, feraient sensation au milieu du public policé du Théâtre-Français.

 Du sein de cette nouvelle génération qui composa « l'armée romantique » lors des représentations d'Hernani, émergeraient les noms de Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Hector Berlioz, Petrus Borel, etc. Tous ceux-là étaient favorables à Hugo, soit pour avoir adhéré aux thèses de la préface de Cromwell, soit parce qu'il s'agissait d'un auteur qui était en butte à la censure du gouvernement. La dimension générationnelle se superposait d'ailleurs à cette dimension politique : de jeunes révolutionnaires s'opposaient à un gouvernement gérontocratique composé d'anciens émigrés revenus d'exil « sans avoir rien appris ni rien oublié » comme le disait un mot de l'époque, qui voulait la perte d'une pièce dans laquelle c'était justement un vieillard qui condamnait à mort de jeunes époux.
Ce groupe de plusieurs centaines de personnes fut plus tard nommé par Théophile Gautier « l'armée romantique », dans une référence explicite à l'épopée napoléonienne :
« Dans l'armée romantique comme dans l'armée d'Italie tout le monde était jeune.
Les soldats pour la plupart n'avaient pas atteint leur majorité, et le plus vieux de la bande était le général en chef, âgé de vingt-huit ans. C'était l'âge de Bonaparte et de Victor Hugo à cette date."
Voici un poème sur ce thème et ce mot que j'aime particulièrement, "Mélancolie", qui mêle à la fois Histoire, Antiquité, Arts, Littérature, Médecine ; et aspiration vers l'Idéal et le Bonheur, Temps qui passe, Espoirs et Désespoirs, Marasme de l'âme... Un terme fascinant !


MELANCOLIE

Mélancholia, Humeur d'Hippocrate ;
Bile noire, « Mélancolos » pour Sophocle,
Atteignait l'humble quidam ou l'aristocrate,
Aussi bien le Borgne que le Monocle...

Héraclès trempa ses flèches dans le sang de l'Hydre de Lernes,
Sort puissant contaminant touts les morals en berne...
Une toxicité mortelle 
Atteignant tous les mortels...

La Mélancolie atteint les Génies
Je ne dis pas que j'en suis !
La Mélancolie atteint tout être pensant,
Souhaitant l'Extase et le Bonheur !
Souhaitant Espérer sans rancoeur,
Cependant réalisant que l'Existence lui ment,
Tant elle s'acharne à détruire les belles heures...

Mélankholia a le regret du Passé ;
L'Acédia s'use aux épines du Présent ;
Le Spleen embrasse un Futur, avant que d'être, ruiné !
Le Génie et la Folie écrivent un Roman...

Augurer de l'Existence rend lucide et désespéré :
Nous pouvons croire encor et encor en sa joliesse
Néanmoins combien s'avère loin le Firmament étoilé de paresse
Et peut-être jamais atteignable, Enchanteresse Cythère...

Demeure cette tristesse littéraire et tutélaire,
Qui fit son nid en nous depuis d'Antiques Temps...
Passagère, quelquefois, comme nuages de misère,
Nous permettant d'accéder ensuite à l'Azur éclatant

Dans le vocabulaire Courtois, pouvant confiner à la perte de raison,
Ainsi que pour le Romantisme,
Ainsi que pour sa soif d'Idéalisme,
Conjuguant batailles de Chimères échevelées et terrifiants Dragons,
Avec désenchantement et dégoût du sinistre monde,
Ténèbres et glaciations, avant-goût de la Tombe !
Embarquant avec elle tous les pauvres Jocrisses...

En médecine, devenue tare physique et émolliente,
Paresse, Inertie et Rêveries érotiques, que Dürer hante !
Mélancolie brûle pourtant en lettres de noblesse,
Pour Musset, Chateaubriand ou Baudelaire,
Une Maladie du Siècle infinimentTraîtresse,
Possédant le goût de l'absinthe, aussi amère
Et s'échappant en aigres fumées délétères !...

Poursuivant ses proies jusque chez Sartre ou Sagan ;
Kant, illustre Prisonnier de cet aspect subliminal :
Extatique, Extralucide, nous jetant de la cime dans l'abîme,
Et nous projetant allègrement de l'abîme dans la cime !

La Mélancolie atteint Jésus au Mont des Oliviers !...
Le terrible Spleen atteindrait-il le Dieu de l'Univers,
Lorsque, contemplant son Oeuvre et son provisoire Usager,
Il comprend que le Créé rejette toujours l'ascendance du Père !

… Néanmoins, n'est-ce pas Vivre ! N'est-ce pas Ressentir,
En-dehors de toute névrose, l'Acuité et le Désir
De notre âme éperdue, fuyant sa Gangue,
Réfléchissant et méditant, jusqu'à en devenir exangue !...

« SOIS SAGE, O MA DOULEUR ! »

Radeau de mon âme mortifiée,
Erre dans les couloirs ténébreux,
Là où j'enchanterai tes espoirs blessés,
Resplendira le Soleil d'un Au-Delà vertueux !...

L'Orchidée violette, spirituelle et chanelle,
Ehale ses méditations obsolètes,
Son parfum âcre et entêtant, de maquerelle,
Pénètre en notre inconscient qui s'y reflète ;
Lambeaux de ténèbres et de joies
Clairière promise ou Chagrin Roi,
Subtile offense à notre pensée distraite...

Mélancolia cherche dans le noir
Diluée en sa débile bile,
Pourtant tâtonne la prescience de l'Espoir
Notre être aux abois se bâtissant une secrète Ile...

NOELLE ARNOULT
Mercredi 2 Avril 2014
1 h 30 du matin, Châtillon S/ Seine
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samedi 29 mars 2014


Au Salon du Livre de Vallan - Yonne - En Février 2013
MON UNIVERS POÉTIQUE

Je n'aime pas trop parler de mes poèmes, je suis au demeurant assez timide et pudique ; Une alchimie mystérieuse semble se produire, Révélation ou
Expansion de notre Tréfonds ? C'est ce que l'on nomme INSPIRATION...

Dans la Mythologie Grecque, il existe neuf Muses, filles de Zeus et de Mnémosyne, la Déesse de la Mémoire ; peut-être des ondes de rappel circulent-elles, ondes rémanentes, d'un lointain passé vers notre présent afin, justement, de façonner un Futur empreint d'événements ayant marqué notre mémoire collective ou personnelle; peut-être peut-il s'agir enfin de symboles et mystérieuses correspondances parlant à l'âme du Poète seul, être VOYANT s'il en est, « Visionnaire », selon Hugo ou Baudelaire...

Ces Muses, qui sont donc au nombre de neuf, se rattachent à tous les Arts et enchantent nos âmes, par exemple Euterpe à la musique, Erato à l'élégie, Polymnie à la poésie lyrique, Calliope à l'éloquence et la poésie héroïque ;
avec un tel héritage, nous sommes forcément transmetteurs d'une force et d'une grandiloquence hors du commun...

Les frontières sont parfois minces entre ce que l'on nomme « travail », « recherche », « réflexion », « élévation de l'âme », « Inspiration » : comme
si l'Inspiration devait ressembler à une transe ! … Et bien oui, parfois, tel est bien le cas ! Des pages peuvent nous échapper comme une « écriture automatique » dont nous-mêmes ne découvrons pleinement le sens qu'ultérieurement alors que parfois, au contraire, nous devons suer sang et eau afin de pouvoir retranscrire les idées et images précises que nous nous devons d'exprimer. Ceci signifie que, quelquefois, nous dirigeons le poème mais cependant, souvent, c'est lui qui nous réserve les plus belles surprises...

C'est comme si nous embarquions sur un frêle et cependant solide esquif dérivant en pleine mer sous le Soleil ; La lecture de l'écrit nous sauve,
et même de nous-mêmes car, que serions-nous devenus, l'âme hantée par tous ces tumultes et fièvres ?

Parlons de notre monde intérieur :

Parfois il peut exploser comme un feu d'artifice, ou comme des myriades d'étoiles, brillant au grand jour ; un jaillissement magnifique qui nous soulève et nous élève de terre jusqu'aux cieux voir aux firmaments étoilés...
Il peut aussi côtoyer les plus profonds et invivables abîmes...
Il n'existe plus d'Espace ni de Temps : Passé, Présent, Futur se rejoignent donc en une sorte d'Osmose étrange et exceptionnelle où le Passé se met à
expliquer notre Présent et où notre Présent augure notre Avenir...

...Fatalité ? Destin ? Oui, au sens antique et originel de « FATALIS », donc
induisant ce Destin ; des éléments étranges, puissants, hypnotiques, emplis de mystérieuses correspondances, comme de symboles surhumains, subliminaux ou mystiques, permettent de révéler nos âmes en leur VÉRITÉ et de parler à celle d'autrui, en toute profondeur...

De plus, cette Possession ou dépossession passe aussi par une phase que
nous ne maîtrisons pas toujours mais qui s'avère fascinante...Il est impudique et aussi intéressant, au titre Passionnel, d'être à NU...

L'intérêt de l'écriture, pour moi, passe aussi souvent par un travail de recherche, parfois minutieux, lorsqu'il s'agit de vérités ou d'événements historiques, de détails relativement techniques, de citations où nous devons nous « rafraichir » la mémoire, etc. Plus l'attrait de réussir, comme un challange, de jolies rimes, ou rimes originales. J'aimerais ajouter que j'adore la Littérature et les Ecrivains, je rêve d'être Lamartine, Hugo, Rimbaud, Ronsard, etc. Pourquoi ne pas le dire ? Hugo n'a-t-il pas écrit : « Je veux être Chateaubriand ou rien ! » ... Hugo serait mon Maître et comment ne pas l'honorer alors qu'il réunit : savoir, intelligence, empathie profonde pour l'être humain et ses tourments ; défense de l'égalité et surtout de la misère sociale, rôle politique actif , grande capacité à appréhender et relater l'Histoire, à en dresser des tableaux immenses et vivants ; écrits et versification extrêmement prolifiques, harmonie du Verbe et du Cœur, mysticité et fluides avec la Nature et les Cieux... Il en est ainsi de ces Grands Auteurs...

Il est important de s'instruire et de cultiver la Sagesse, ainsi que le faisaient les Anciens car tel est le but de l'Existence, relever la Beauté, l'Idéal, mais aussi l'orage dans le ciel de l'été ; l'âme se conserve Jeune et Intègre, capable de rébellion en ne cédant surtout pas à l'Injustice et à la laideur, à la médiocrité uniforme...L'auteur a un rôle SALVATEUR...

La Poésie s'avère une consolation et une amie, à qui nous pouvons tout dire et nous confier, tout en nous révélant, donc, à nous-mêmes...

La Poésie nous permet, nous l'avons évoqué, de sortir de la médiocrité, de l'Ennui coutumier : tout nous intéresse, du moindre brin d'herbe auquel l'on peut accorder mille merveilles et vertus, à la moindre forme ou couleur... L'IMAGINATION, qui est bien la Reine de notre Coeur nous permet de sortir des sentiers battus et de s'exalter dans la Fantaisie la plus parfaite....

La Poésie s'avère réellement Fille de l'Air, Sylphe des Bois et des Montagnes, très libre et créant ses propres règles et lois ; la batailles des Anciens et Modernes n'est plus ici de mise, à l'heure actuelle, toute forme est tolérée : chacun est libre de parler un jour en alexandrins et le lendemain en versification libre voire en prose... Pour ma part, j'aime conserver une certaine recherche, par plaisir propre...ou d'une certaine idée de la Beauté, ou de la Joliesse...

Cependant il est admis que le Cheval Fou a un charme certain...

ÉMOTION, JOIE , BONHEUR ou au contraire MALHEUR, DÉSESPOIR,
voici les sentiments partagés par l'humanité entière, qu'exprime la Poésie en toute empathie...

Néanmoins, la sensibilité exacerbée de l'écrivain le pousse à ressentir parfois un SENTIMENT d'ÉTRANGETÉ et de solitude, et il peut avoir l'impression que le monde le rejette ou ne le comprend pas, comme s'il demeurait un enfant inadapté, refusant de se couler dans un moule préconçu ; de même que beaucoup d'artistes, il n'est pas sûr de se trouver bien adapté à ce monde où le quotidien et l'argent sont Rois, ou Autrui peut aussi le condamner alors qu'au fond il recherche principalement la compréhension et un sentiment d'amour, d'empathie, universels...
« Le Poète a dit la Vérité, il doit être exécuté »...

La Provocation lui sied également à merveille, l'Absinthe et la Ciguë peuvent lui apparaître comme de délicieux tourments, TOUT SAUF
L'ENNUI pourrait être son Credo... Il se sent parfois proche des dieux ou anonyme comme la poussière du chemin mais qui pourrait lui en vouloir de tant de CHARME....

Le charme du Poème : exprimer en si peu de mots autant de choses, un condensé d’ÉMOTION et de FORCE, d'images surgissant comme un kaléidoscope dans nos esprits enfiévrés par cette passion et force vitale dévorantes …

NOËLLE ARNOULT
Invitée d'honneur par Le Paus'Lecture SENS
Avec beaucoup d'honneur et de joie...
Samedi 15 Février 2014 

En cette période de Saint-Valentin... 
LE BAISER, de Rodin

Qui eût cru qu'Auguste Rodin ,
Côtoya à la fois l'Enfer et le Paradis,
En observant sa statue au marbre serein,
Inspiré par Dante et sa « Divine Comédie »
Mais également par « Les Fleurs du Mal » de Baudelaire,
Ce couple enlacé attenant à la « Porte de l'Enfer »
  • Paolo tenant en sa main un joli livre,
Francesca relisant Lancelot et sa reine, Guenièvre,
Tous deux ignorant la jalousie de l'époux, de colère, ivre,
Et qui allait commettre la plus grande des peines !

Assassiner ce que l'on a aimé
Assassiner ce que l'on a adoré...



Ce baiser figé dans l’Éternité
Illustre de manière fulgurante
Les soubresauts de l'amour blessé
Et le pouvoir de sa force puissante.

Il célèbre une éclatante victoire,
Dans son symbolisme notoire,
Son charisme posthume,
Ou n'éclate que joie et non amertume...

L’élévation superbe des amants
Dans l'Infini, un pacte de sang...
Là-haut, une Main à la douceur d'amande
Offrant son Pardon comme une Offrande...


NOËLLE ARNOULT
Le 16/02/2012

0 H 30
LES AILES COUPÉES

Tu lui coupes les ailes,
Alors elle marche à ras-de-terre ;
Finalement, un Prince toujours devient
Tyran de l'Aimée, mine de rien...
Tôt ou tard, lui fait boire
L'infâme breuvage du désespoir ,
La Lie amère du marc délétère,
Anesthésiant, comme uni à l'éther...
Un air jusqu'ici si pur,
Semblant issu des plus hautes cimes,
Charriant à présent des vomissures d'ordures,
Le lit d'Hadès, où tout s’abîme...

Ainsi que le Poète de « l'Albatros »°
Sauf qu'en amour, nous sommes dépouillés, jusqu'à l'os,
De nos rires et de nos chants,
Quand l'Argent, le pouvoir, prend …
Nos ailes n'effleurent plus le sol,
Bel et purement coupées ; comme on s'en désole !...

L'horreur du chaos,
Où le Sentiment est piétiné
Devient pitoyable, à propos !...
A propos, oui, que devient l'Eternité !...

Dès que des turbulences se manifestent
Pour certains, tout prend des relents de peste
Contaminant l'âme et le corps ;
L'Etre entier entre en putréfaction,
Si l'on ne considère plus l'amour comme de l'or...
L'Or de nos vies et de nos émotions !...
Un grand et terrible voile noir, sur nous, s'abat,
Nous pleurons assurément les jours fous,
Fous de Dieu, des Anges et de l'Amour,
Ce temps de l'Absolu Toujours...

En effet, lorsque les pièces sonnantes se ternissent,
Certains agonisent, plus rien ne leur paraît lisse ;
Le soleil perd, pour eux, tout attrait,
Leur cœur est envahi d'Ivraie...

Notre époque privilégie l'Argent :
Pour l'Amour, quelle perte de temps !
Combien sont plus heureux les oiseaux dans les champs ;
Jésus les a montrés en modèle : on le comprend ;
Insouciants du lendemain, sans savoir s'ils mangeront,
Ils virevoltent dans le ciel apaisant, heureux et mignons...

Chaque grimace blesse l'Idéal du cœur innocent
D'une infime tâche inextinguible de sang ;
L'Homme, qui paraissait fort d'Amour,
Se présente à présent faible devant le métal doré,
Ainsi qu'un jeune enfant devenu sourd,
Perpétuellement à la recherche du Son premier...

La Femme courageuse ne compte pas ses heures
Se dévouant, même dans le plus grand des malheurs,
Pour le sublime bonheur des Siens ;
Ne songeant point à Soi,
Bien plutôt aux petites mains,
A ce que chacun puisse demeurer Roi ;
Dans la pire adversité,
Elle donnerait sa Vie pour Aimer,
Se renversant d'elle-même sur l'Autel du Sacrifice,
S'offrant pour que la Joie et la Paix fassent leur Office...

« Vox clamantis in deserto »...*
« Vitam impendere Vero 



NOËLLE ARNOULT
Le Lundi 14 Janvier 2013
23 h


  • « La voix de celui qui crie dans le désert »
  • « Consacrer sa vie à la vérité »



  • ° L »Albatros », Baudelaire
ÉTINCELLE DE NOS AMOURS

Étincelle de nos Amours
Balancelle de nos faubourgs,
Sous les toits de Paris,
En une mansarde qui sourit...

Mes mains caressent ton amoureux dos,
Tandis que flotte, sur ce tableau,
Un air de nostalgie tutélaire,
Toile réalisée de nos quatre mains de prophète,
Surun vieil air de Cora Vaucaire
Et de « Poussez Poussez l'Escarpolette »...

« O Temps suspend ton vol »
Recueille enfin notre impatiente Obole,
Aime les Humains, cesse ton implacable Sablier,
Qui fait de nous des Aliénés ;
Retour vers le Passé,
Dégustation de Poésie, de vapeurs de Thé...
Omniprésente et damnée Clepsydre,
Laisse-nous boire du Cidre
Et rêver, boire de l'Absinthe,
Avant que la Fatalité ne nous éreinte,
Et extrapoler, repeindre le Monde
Aux couleurs de la Mystérieuse Onde...

Rêveries de Musset et de Renoir,
C'est ainsi que s'annonce le Grand Soir ;
Ouvriers au travail et bourgeoises en dentelle,
Dansent indéfiniment sur des valses si belles
Que l'amoureuse en rit dans le cou de son amant
Et que celui-ci l'embrasse encore et encore passionnément...

Sous notre mansarde écrasée du soleil de l'ancienne ville,
L'excentrique lumière pénètre en clair-obscur, et défile,
Ainsi qu'en un mémorable film en noir-et-blanc,
En ce temps où l'Existence prenait ses aises patiemment,
Où Cronos paraissait bon vivant
Au lieu de dévorer à grandes dents
Des parcelles d'âme et de bonheur,
De donner ce goût d'inachevé à nos désirs, à nos meilleures heures...



NOËLLE ARNOULT
Mercredi 13 Novembre 2013

18 h